Je naquis vers la moitié de notre bon siècle, celui des batisseurs de cathedrales ,dans une grange une nuit d’hiver, hiver qui selon mon defunt père fut le plus rude que notre belle Occitanie ait connue depuis plusieurs decenies. Lorsque ma mère mis à mal par enfantement me vit sortir de ses entrailles, elle pensa que je ne passerai pas la saison tant j’étais chetif. Par la bonté de Dieu ils me virent survivre et me nomèrent Alexandre, de par cet illustre roi païen de jadis qui eut un grand destin et fût robuste comme le roc.

Vers mes treize années mon père mourrut tragiquement devoré par les loups lorsqu’il alla chercher nos boeufs. Un an plus tard ma mere qui n’ayant moulte pecunes se donna aux plaisirs charnels en échange de quelques piecettes sonnantes et trebuchantes afin de me nourrir. Ne voulant point être charge pour elle je voulu prendre les armes au nom de Dieu.

Le cours de la vie me destina à la bure, cloitré dans un monastère car non d’imposante stature je fus, non designé par le destin à prendre la sainte Croix pour Jerusalem. Ne desirant point de cela, je parcouru la provence en quête de Messine, pont pour la terre sainte où notre seigneur naquis en paix et dans l’amour.

Un beau matin d’été mon chemin me mena sur une place de village où chantait un menestrel, l’écoutant ardement tant melodie fut douce et claire à mes oreilles. Il me manda de detrousser quelques passants en bonne contribution de sa protection. Je fis ce qu’il me demanda tout en bafouant un des commandements que le Très-Haut conçut. Me voila quelques saisons apres, apprenant le maniement des armes et l’art de la mélopée aupres de cet homme sage. Je sus dès lors me servir aussi bien de la mandole que du fil de mon épée. Il mouru de la grande peste noire.

Je me remis en quête de la terre sainte, parcourrant les terres et contrées, désoeuvré je fis la connaissance de mercenaires lorsque je me fit attaquer par moultes gredins faquins et autres margoulins dans un bois. Me voyant me battre avec tant d’hardiesse et de ferocité ils me prirent sous leur aile. Je vis dès lors que le mercenariat me rapporta bien plus que la valeur de la Palestine et je gravis les échelons au sein de la mesnie, je devins sergent appellé Le Sec, au commandement de soldats agiles et enragés au combat.